AccueilAccueil  FAQFAQ  CalendrierCalendrier  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  MembresMembres  GroupesGroupes  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Biographie Impersonnelle du Polymorphe.

Aller en bas 
AuteurMessage
Maratz
Commandant
Commandant
avatar

Masculin
Nombre de messages : 541
Age : 25
Nom d'état ou Surnom : L'Homonculus Polymorphe Animalier
Date d'inscription : 21/08/2007

Feuille de Personnage
Genre: Homonculus
Métier: Aucun. Promeneur, peut étre...?

MessageSujet: Biographie Impersonnelle du Polymorphe.   Jeu 27 Déc - 19:32

[ j'espére qu'elle vous plaira, elle explique un peu mon absence en rp. Pour les commentaires, envoyez les par mp, c'est mieux....bonne lecture à tous ]


Biographie Impersonnelle du Polymorphe.


Prélude.

"Et en moins de temps qu'il ne fallait pour descendre une voile, je me retrouvai seul face à la bête..."

Mer de Bohai, Chine, aux environs de 1000 av. J.C.




Le vent se renforça et la voile blanche se gonfla, faisant glisser le bâteau sur les eaux orangées. Le soleil se couchait sur la mer, cercle doré à l'horizon, et pas un seul nuage ne le masquait de notre vue. A nous, les marins qui escortions Sa Majesté sur Penglai Shan, l'île d'Alchimie.

"Arrête de rêvasser, matelot, et change de cap!"

Le supérieur ne détourna pas son regard du mien durant toutes mes manoeuvres, jaugeant mes actions, cherchant la petite faille. Aprés avoir jeté un dernier regard, se voulant sûrement méprisant pour la modeste personne que j'étais, il changea de cible et héla sèchement un autre matelot. Je relâchai la corde que je tenais mollement et me dirigeai vers l'avant du bâtiment. Ce n'était pas un bâteau gigantesque puisqu'il servait avant tout d'escorte avec trois autres navires similaires, mais pour un modeste marin comme moi, il était impressionant. Six hommes pouvaient embarquer dans un seul bateau, nombre d'ailleurs nécessaire au fonctionnement normal.

Je posai le bras sur la rembarde en bois. A moins d'une heure de route se dressait devant moi l'île tant attendue. Penglai Shan. L'île d'Alchimie. Vaste bout de terre recouvert le plus souvent de forêts épaisses et sauvages, les légendes courraient sur cette île que seul l'Empereur et sa famille connaissaient entiérement. On racontait que les condamnés à mort, autrefois, étaient envoyés là-bas sans vivres et sans armes, ne comptant que sur leur habileté ou leur chance pour échapper aux bêtes hostiles...ou aux autres condamnés cannibales, poussés par la faim. Bien loin de déroger à la règle, nous avions un criminel dans la soute du bâteau, et les autres bâteaux aussi. L'Empereur voulait faire une expérience avec eux qui ne les changeraient pas de leurs sorts initiaux. Une expérience comme seule on pouvait en pratiquer sur Penglai Shan, l'île d'Alchimie.

Une Création Forcée.

Nous ne savions que peu de choses sur cette Magie trouble qu'est l'Alchimie, nous les marins. Plus nous étions éloignés de ces mystères et mieux nous nous portions, voilà ce que l'on se disait. Mais, malgré tout, nous étions toujours fascinés de voir un Elu d'Alchimie dans nos contrées et leur portions toujours du respect, au moins par loyauté à l'Empereur, si ce n'était par peur. Car en voyant un homme aux mains tatouées reconstruire une barque rien qu'en la touchant, il y avait de quoi devenir fou. L'Empereur lui-même pratiquait cet Art étrange ainsi que toute sa famille. Ce qui allait se passer ce soir sur Penglai Shan, l'île d'Alchimie, personne ne l'avait encore pratiqué. Du moins, personne qui ne fût encore vivante à ce jour...

La coque du premier bâteau d'escorte s'immobilisa rapidement dans le sable fin de la plage et le reste de la flotte en fit de même. Lorsque tous furent échoués, je descendis sur la plage en compagnie des autres marins et formais avec eux un cercle autour du navire de l'Empereur, une lance dans la main droite. Notre souverain descendit lentement du bâtiment et posa prudemment un pied sur le sable, comme si celui-ci allait le dévorer. Il inspira profondément, du moins c'était ce que je pensais, car son masque noire ainsi que son costume rouge et orange cachaient amplement son corps et ses expressions. A vrai dire, il faisait presque peur avec ses deux épées ceinturées à la taille, ses mains recouvertes d'un tissu jaune censé masquer les tatouages et son masque en forme de tête de singe, ses yeux seuls contrastant avec la face simiesque.
L'Empereur expira, grondement dan sla nuit, et se dirigea vers la lisiére de la forêt, à une quarantaine de pas devant nous. Sa garde rapprochée lui emboîta le pas, entrainant les criminels enchainés derrière eux et nous laissant le soin, à nous les marins, de refermer la procession. Je serrai nerveusement ma lance et m'engouffrai dans la brèche que le passage de la troupe avait ouvert dans la forêt noire La nuit s'était installée, et avec elle tous les bruits inquiétants de la nature hostile. Les herbes hautes me lacéraient les jambes au fur et à mesure que j'avançais. J'entendais au loin devant moi les coups nets et précis de la garde rapprochée sur les lianes et autres obstacles qui empêchaient la progression. L'Empereur ne semblait pas gêné par la végétation, tâche jaune et orange dans le vert foncé, et avançait rapidement, comme attiré par l'île d'Alchimie. A son passage, les herbes semblaient se rétrécir, les lianes se figer. Je frissonai et le froid de la nuit n'en fût pas le seul responsable...

"Allumez les torches une à une, en commençant par celles du milieu."

L'Empereur avait élevé la voix et l'intonation me pétrifia. Une bête sauvage aurait parlén je n'aurai pas vu la différence. Malgré cela, l'homme à qui l'ordre était destiné acquiésa de la tête et répéta plus fort le message. Nous nous activâmes rapidement.

L'endroit était une clairière au milieu de l'île. Au centre, une dalle noire avait été posée, s'enfonçant dans la terre au fil du temps. Des rainures parcouraient la surface lisse de la pierre pour toutes se rejoindre au milieu, là où un crâne humain trônait, dans la cuvette qui avait été façonnée à cet effet. La dalle était gigantesque: quinze pas de long sur dix pas de large. Aux quatre coins du bloc de pierre, je pouvais distinguer des stèles ouvertes au sommet en une coupole ronde. Pour recueillir l'eau de pluie, pensai-je, naïf.

"Seul le sang coule sur ces pierres matelot, me chuchota le supérieur, conspirateur. Le liquide chaud, à peine sorti du corps, descend le long des canaux et remplit la cuvette jusqu'à ce que le crâne soit noyé. Arrive ensuite l'Empereur et sa Magie trouble pour..."

Le cri d'un condamné à mort interrompit la phrase de mon supérieur et nous nous tournâmes vers la dalle. Une dizaine de torches éclairaient à présent la clairière et nous vîmes quatre hommes, la tête sur les stèles, la gorge nue offerte aux lames des gardes. Toute tentative de révolte était vaine, et les sacrifiés l'avaient compris. Leurs mains, attachées à même le sol, les obligeaient à s'agenouiller, à appuyer leurs fronts contre les coupoles. J'imaginai leur désespoir, le contact de la pierre froide sur leur peau. Et puis la lame, morsure brûlante, s'enfonçant inexorablement dans la chair, tranchant un par un les liens de la vie, tandis que le sang coulait dans la coupole...

L'Empereur se plaça au centre de la dalle, les pieds au bord de la cuvette, et fit un imperceptible mouvement de tête.

La Création Forcée commença.

Il y eut un instant où seules les torches crépitaient dans le noir de la nuit, puis les lames s'abattirent sur les cous, en une unique note. Aucun prisonnier ne cria. Leurs têtes tombèrent lourdement sur la dalle tandis que les rainures se remplissaient déjà du sang chaud tout juste sorti des corps en proie à présent aux spasmes. Le liquide roude progressait lentement des quatre coins, descendant vers la cuvette. Il me semblait que le tracé des sillons formait un cercle étrange mais je gardai cette pensée pour moi.
Lorsque les différents sangs se rejoignirent, baignant le crâne dans une mare vermeille, mes soupçons se confirmèrent: les rainures dessinaient un motif complexe, incrusté dans la pierre noire et froide.
L'Empereur poussa alors un cri rauque et plaque ses mains sur le fond de la cuvette, dédaignant ses manches imbibées de sang. Il inspira un bon coup derrière son masque simiesque et le cauchemar commença.

La dalle semblait changer de forme, s'adaptant aux sillons qui s'illuminaient d'eux-mêmes, faisant apparaître clairement le motif en forme de cercle. Le vent se leva, mais ce n'était pas une brise nocturne ni un zéphyr marin. Le souffle émanait de la clairière, de la dalle, de l'Empereur...

"LE CRANE!" hurla un homme, pour couvrir le bruit du vent.
Je tournai la tête et aperçus l'objet en question. A deux pas de hauteur, au-dessus de la cuvette, il se modifiait. Non, il se créait , lui et le reste du squelette. Le sang, à présent blanc comme le soleil sur une lame, s'attachait au moindre ossement et le renforçait, achevant la Création Forcée.

L'Empereur s'était relevé et avait appliqué ses mains sur le semblant de torse qui apparraissait déjà de la créature.

Le vent redoubla d'intensité, amenant une odeur pestidentielle, et me mit à terre ainsi que tous les autres hommes. Avec horreur, je jetai un oeil aux quatre cadavres sur les stèles et n'aperçut que quelques os. Ils avaient été sacrifiés. Ils avaient intégrés la créature démoniaque. Un hurlement me cloua au sol. Il n'était pas Humain. Il n'était même pas animal!
Une douleur fulgurante m'envahit...

Puis tout revint au calme. La nuit dominait la clairière, la lune éclairant la scène. Quelques hommes se relevèrent, sonnés, mais je restai à terre. J'entendais mon coeur battre à mes oreilles: le hurlement m'avait détruit les tympans. Quand un liquide chaud s'écoula de mon lobe jusqu'à ma nuque, aucun doute.

J'avais perdu l'ouïe.

Malgré tout, dominant la douleur, je rampai dans les herbes et m'approchai de ma lance resté à quelques pas plus loin. Une vibration dans l'air m'immobilisa et je fixai la dalle en pierre.

La créature avait une apparence humaine mais tout dans son regard disait le contraire. Ses deux yeux rouges étaient peut-être le souvenir du sang qui l'avait fabriquée mais quoi qu'il en soit, on pouvait apercevoir l'Enfer au fond de ses prunelles. Dominant l'Empereur de toute sa taille et de sa carrure, elle me fit penser à un de ces ours que l'on pouvait croiser dans les lointaines montagnes d'Orient. Je devinai sa respiration, lourde et grave. L'Empereur parla alors, mais je n'aperçus que le mouvement de ses lèvres. Tous les hommes debout se figèrent, une lance dans la main droite. Je revins à la créature et son attitude changea radicalement. Jusque là inexpressif, son visage arbora un sourire carnassier, dévoilant des crocs impressionants, et en une seconde l'Empereur s'effondra, la gorge tranchée.
La suite, je ne la vis pas clairement, la douleur refaisant surface, mais j'entraperçus une ombre voltiger d'homme en homme, coupant les veines, brisant les jambes...

Et en moins de temps qu'il ne fallait pour monter une voile, je me retrouvai seul face à la bête.

Celle-ci se tenait à côté de moi, penchée sur le corps sans vie de mon supérieur. Les boyaux encores chauds la détourna de moi et elle s'accroupit, le dos tourné, dégustant son festin.
La douleur aux oreilles me reprit et je luttai pour ne pas céder à l'inconscience. Tout autour de moi, je distinguais les cadavres de tous mes compagnons et celui, plus effreyant encore, de mon Empereur, sa tête à trois pas de mon corps. Le fait de ne pas entendre les bruits de déglutition à ma gauche me donna sans doute la force et le courage nécessaire pour empoigner la lance et dans la seconde qui suivit, je me relevai et effectuai un large demi-cercle sur le côté, la pointe de la lance tranchant promptement la nuque du monstre.

La créature ne bougea pas, retenant sa tête de ses mains souillées de sang. Elle dit probablement quelquechose, car l'air vibra autour de moi mais je ne l'entendis point, horrifié par ce qui se passait.

Le cou se reconstituait, morceau par morceau, fil par fil. Lentement, la cicatrice même de mon attaque disparut, ne laissant plus qu'une zone sans poil comme souvenir.
"Im...Impossible" m'entendis-je balbutier, retrouvant l'ouïe pendant quelques secondes.
La créature se retourna, se leva et prit la largeur de mon cou entre deux de ses doigts, le sourire aux lèvres.
Je ne vis que ses yeux rouges et le sang me monta à la tête.
"Rien n'est impossible avec l'Alchimie" susurra-t-elle, resserrant les doigts.


Je ne vis que ses yeux rouges, et le sang...


Dernière édition par Maratz le Dim 1 Nov - 19:54, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Wind Mani
Colonel
Colonel
avatar

Féminin
Nombre de messages : 2703
Age : 25
Nom d'état ou Surnom : Bibi, Wiwind, l'alchimiste de feu, Windounette,patate,purée, Windy, Wiwi
Date d'inscription : 28/03/2007

Feuille de Personnage
Genre: Alchimiste
Métier: Baby sitter de Tsu xDD

MessageSujet: Re: Biographie Impersonnelle du Polymorphe.   Mer 2 Jan - 15:16

c'est super vraiment j'adore ouais ouais ouais ouais ^_^ ^_^ ^_^ ^_^ un grand bravo
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Maratz
Commandant
Commandant
avatar

Masculin
Nombre de messages : 541
Age : 25
Nom d'état ou Surnom : L'Homonculus Polymorphe Animalier
Date d'inscription : 21/08/2007

Feuille de Personnage
Genre: Homonculus
Métier: Aucun. Promeneur, peut étre...?

MessageSujet: Re: Biographie Impersonnelle du Polymorphe.   Dim 24 Fév - 18:03

[ et voilà le chapitre 1. Désolé du retard Wind, vu qu'il y a que toi qui lit hahahahah bonne lecture ]

Chapitre 1

"Je me nomme Maratz. Marira Tazumi Zuta pour ceux qui aiment la précision. Ce nom ne signifie rien, ou alors il faut chercher dans une quelconque langue de la Terre ou de Shambala. Il a traversé les ans, les siècles, les millénaires sans rien signifier. Mais pour moi, il compte beaucoup. C'est la preuve que je ne suis pas que le mélange d'un peu de chair et de sang tirés d' Humains et versés sur un Cercle de Transmutation. Je suis beaucoup plus que ça. Je suis Humain.

Humain...Venant de la bouche d'un Homonculus, ce mot est à prendre avec des pincettes, assurément. Ce n'est pas le bon terme, après réflexion. Est Humain ce qui rapporte à l'Homme. Et je ne suis un Homme, je suis un Homonculus! Mais alors, vous ne comprenez plus: qui suis-je si je ne suis pas Humain mais pas Homonculus non plus...? Dieu..? Non, il n'existe pas. Du moins, en pratique. La théorie, je ne la connais pas. Elle est du domaine des Hommes et de leurs besoins d'avoir une entité supérieure à eux. Ils se sentent protégés. Aimés. Chers à quelqu'un. Ou à quelque chose.

C'est pour répondre à cette question existentielle, qui suis-je, que je vous expose ici et maintenant le fil de ma vie. Car aussi vrai que nous ne sommes connus que des vivants, nous ne sommes aussi que ce que les autres voient de nous. c'est à travers l'opinion, les sentiments, les secrets qu'ils ont de nous que nous sommes vivants dans le monde. Aussi, au lieu de vous raconter moi-même ce que j'ai vécu, ce que j'ai vu, tel un marchand ventant ses mérites auprès d'un client, je vous propose plutôt d'écouter ce que les autres racontent de moi. Ces personnes-là, au cours de mon existence, sont peut-être passées furtivement, une feuille sur un cours d'eau; certains m'ont côtoyé durant une période, tige de roseau dans la rivière; d'autres m'ont accompagné longtemps, chêne au bord d'un fleuve. ce qu'ils ont vu, entendu, ressenti de moi...a autant d'importance que mon récit de marchand lui-même. Car sans les client, le marchand n'est rien; sans personne pour l'écouter, il n'est plus entendu; sans personne pour lui acheter, il n'est plus marchand;

il n'est plus vivant...

Que ce soit l'Homonculus que j'ai rencontré lors d'une chasse à l'Homme, la servante que j'ai malencontreusement bousculée dans un château ou mon Maître qui m'a donné mon nom, tous ont leur mot à dire et tous seront entendus. Je serai une sorte de fil d'Ariane dans la toile de témoignages et vous serez l'araignée qui le rembobine, même si l'exemple n'est pas très flatteur, je vous l'accorde.
Mais en aucun cas j'interviendrai. Pour une simple raison d'objectivité. Je ne tiens pas à justifier mes actes, en ayant pris du recul ou de la graine. Tout ce que j'ai..."

L'écriture fine et incurvée s'arrête là, au bas de la feuille. On dirait qu'un morceau a été volontairement déchiré, ne laissant plus qu'un papier jaunâtre avec le bas en dents de scie. Soudain, une goutte d'eau tombe sur la feuille et se répand, diluant l'encre et ramollissant la lettre vieille de 200 ans. je me relève rapidement et fourre ma trouvaille dans une poche intérieur de mon manteau noir. Il faudra que j'en parle au Général. Ainsi, la théorie qui disait que les Homonculus existaient il y a 200 ans s'avère vrai... Je pivote sur moi-même et regarde le trou béant dans la terre, à un mètre de moi. Il n'y a rien dans cette tombe. Rien de plus qu'une lettre à moitié déchirée, un carnet noir rongé par les vers et une pierre brisée en mille morceaux.
La tombe de cet Homonculus ne contient rien. Vraiment rien.


-Ramassez-moi ce cahier et prenez un échantillon de la pierre au fond. Après, rebouchez la tombe.
Le policier à côté de moi, pelle dans la main droite, sac blanc dans la main gauche, hoche la tête et se met au travail, descendant dans le trou qu'il avait par ailleurs creusé. Je change d'endroit. Cet Homonculus m'intrigue. Pourquoi lui avoir érigé une stèle...? Etait-il si important que ça...? Et la date...Si l'on en croit la date de naissance gravée sur la pierre, il serait né il y a 6000 ans... Or cette lettre date de 200 ans, tout au plus, le carbone 14 le confirmera. Une telle longévité est-elle commune à cette race maudite...? Les questions se bousculent dans ma tête, sans trouver de réponses satisfaisantes à mes yeux.
-Colonel Rainbag! Venez voir, s'il vous plaît!
Je lève la tête et regarde le sous-lieutennt qui m'a interpellé. Il m'indique la tombe à côté de laquelle il est posté et je traverse le cimetière d'un pas souple et régulier pour le rejoindre. De tous les côtés, les raclements de pelle se font entendre, quelquefois masqués par la pluie glacée qui tombent sur les bâches des campements de fortune. L'opération du Général, lors de son annonce, avait crée de nombreux scandales à Central. Ouvrir les anciennes tombes pour une fouille de recherche et d'information! A vrai dire, je fus moi-même répugné à l'idée de me rendre dans le cimetière et d'assurer le commandement de cette opération. Mais les ordres sont les ordres.
-Qu'y a-t-il, Bawley? fis-je d'une voix froide et savamment calculée.
Avez-vous trouvé un trou intéressant parmi tous ce tas d'os?

-Je le pense, mon Colonel. Regardez un peu par ici, je vous prie, sur cette stèle
-Eh bien quoi?
Je m'approchai de la pierre désignée mais ne vis rien dans la nuit noire, d'autant plus que la stèle se situait à la lisiére d'une forêt encore plus noire, si cela était possible.
-Approche la lampe, ordonnai-je au sous-lieutenant.
Il s'éxécuta aussitôt, pointant le faisceau lumineux sur le gris-vert du bloc. Il posa un gant blanc, frappé sur le tissu d'un cercle alchimique, sur le tertre et gratta un peu la mousse qui le recouvrait partiellement. Lentement, lettre par lettre, un nom doré apparut.

-E...L...R...L...non,I...
Je retins mon souffle, pris d'une peur sans précédent.

-Elric.

Le sous-lieutenant lâcha le nom après avoir gratté le "C" puis me regarda d'un air interrogateur. Je connaissais déjà la question.
Lequel...?

-C'est impossible. L'aîné, le Full Métal, n'a jamais été retrouvé. Selon les rapports officiels, il a disparu lors d'une Transmutation Humaine. Son corps est parti en fumée voilà plus de 320 ans.
-Et l'autre...? Alphonse, c'est ça?
Je secouai la tête, me rappelant clairement les cours d'Histoire Alchimique appris lors de mes premières années d'études.
-Il est mort 15 ans aprés le Full Métal, dans la Guerre contre les rebelles du Nord-Ouest. Son corps n'a pas été retrouvé, lui aussi.
Le sous-lieutenant ouvrit la bouche mais ne dit rien. Il posa ses mains gantées sur le manche de sa pelle, fixant comme moi les lettres dorées gravées dans la pierre. Tout comme moi, il avait appris l'Histoire Alchimique et la fin tragique des frères Elric. Cependant, tout comme moi, il connaissait peut-être la légende qui faisait du Full Métal un Semi-Homonculus revenu de la Porte et du cadet un Alchimiste capable de Transmuter une Pierre Philosophale sans aucun Cercle.

-Qu'en dites-vous, mon Colonel?
Je restai encore quelques secondes à fixer la pierre sans trop lui accorder d'attention, le regard vide. Devant nous se trouvait la tombe d'un frère Elric.

Devant nous se trouvait soit l'Histoire, soit la Légende.


-Nous ne sommes là que sur ordre du Général, Bawley, déclarai-je fermement. Nous ne faisons qu'éxécuter ses ordres, Elric ou pas. Ouvrez-moi cette tombe, Bawley.
Je sentis, malgré le formalisme que je m'étais imposé, l'excitation ma gagner. Le sous-lieutenant s'éxécuta et prit sa pelle à 2 mains. Le temps me parut long, ponctué par la respiration haletante de Bawley et les mottes de terre qui s'entassaient non loin de moi. Lorsque le trou fut assez profond, je fis un signe de la main et Bawley s'arrêta aussitôt.

Il n'y avait rien au fond.

Juste un carnet noir rongé par les vers.

-DOLLERS! hurlai-je, me retournant vers l'homme désigné.
Celui-ci sursauta, prit ses affaires et me rejoignit au pas de course, effrayé par le ton que j'avais pris pour l'appeler.
-Montrez-moi le carnet de cet Homonculus!
-Que...mon Colonel?!
-Le carnet de Maratz! vociférai-je en lui arrachant presque le sac blanc qu'il tenait à la main droite.
Je saisis l'autre carnet, celui de l'Homonculus, et le comparai avec celui du frère Elric. Hormis l'épaisseur, les deux manuscrits étaient identiques, tant au niveau de la couverture qu'au niveau de l'usure, de la tranche reliée de fil rouge ou de l'écriture, fine et incurvée.

-On arrête pour aujourd'hui, murmurai-je dans le noir alors qu'une goutte d'eau glissa le long d'une de mes mèches et s'écrasa contre le cuir du carnet numéro 1. Il fallait analyser ces deux pièces. Je mettrais volontiers ma main à couper qu'il s'agit d'un seul et même ouvrage séparé en deux parties.
-Pour disperser? formula Dollers.
-Concrétement, la tombe d'un Homonculus et celle d'un Elric n'ont pas à exister, répondis-je, le sourire aux lèvres. Je ne sais pas pourquoi l'auteur les a crées mais si'l comptait nous berner et garder ses secrets, son coup est manqué.
-Autant prendre le nom de Flamel et l'inscrire sur une pierre, alors que tout le monde sait bien qu'il n'a jamais mis les pieds à Shambala!
La blaque de Bawley me laissa de marbre mais ceux qui l'entendirent s'esclafférent, faisant preuve d'un humour que je ne relevais pas. Les sifflets retentirent à travers le cimetière et tous les militaires se hatèrent de quitter ce lieu sordide.
-On dégage! fis-je, posant le pied sur la marche d'une voiture de service.
Que chacun reprenne ses fonctions habituelles jusqu'à la prochaine convocation.

Bawley s'installe à côté de moi et Dollers monta devant, prenant la place du conducteur. Les portières claquèrent rapidement et bientôt la rue adjacente au cimetière ne fut plus qu'une place déserte, là où il y avait encore une dizaine de véhicules quelques minutes auparavant. je m'installai plus confortablement dans l'habitacle et repris les deux carnets, un dans chaque main.
-Direction le QG, mon Colonel, fit Dollers, sur le ton de la conversation.
Vous pensez qu'on tient quelque chose...?
Je ne répondis pas, feuilletant précautionneusement les feuilles jaunâtres du carnet "Elric". L'encre était trés incertaine, et le séjour prolongé dans la terre de Central ne l'avait pas préservée. Sur certaines pages, on devinait la présence de schéma, car les couleurs était plus ternes, comme une photographie trop longtemps exposée à la lumière.
-Au moins, ce n'est pas un document traitant de la reproduction des gastéropodes, murmurai-je, et les éclats de rire fusérent aussitôt.
-Qu'est-ce qui vous fait dire ça, mon Colonel, fit Dollers, le regard dans le rétroviseur.
-Les escargots n'emploient pas les termes "équivalence", "tatouage", "pentacle de sécurité", récitai-je au fur et à mesure que je trouvai les mots dans quelques lignes lisibles. "Porte"...ici c'est "connexion"...
-Notre inconnu s'y connaît en Alchimie!
Je notai une certaine incompréhension dans le ton de Bawley: les sous-lieutenant ne connaissaient pas l'Alchimie de second degré, et le vocabulaire employé ne pouvait que les dérouter. Je l'étais par ailleurs moi-même. Si l'on se référait à la demi-lettre trouvée dans la tombe, c'était ce Maratz, cet Homonculus qui aurait écrit... Mais comment pouvait-il posséder toutes ces connaissances sur l'Alchimie, qui plus est du second degré, en étant une création même des Alchimistes...? Serait-ce possible que finalement, il eût de l'importance à son époque...? D'où sa tombe...? Mais alors, dans ce cas, quid de celle d'Elric, si celle de ce Maratz était vraie?
-Quelque chose ne va pas?
Dollers jeta un nouveau coup d'oeil dans le rétroviseur.
-Regardez plutôt la route, sous lieutenant, ou nous aurons du mal à rentrer en entier et vivant au QG.
J'avais volontairement utilisé le grade pour mettre de la distance et lui rappeler, à l'occasion, qu'il avait oublié le mien dans sa dernière intervention. Dollers comprit aussitôt et reporta son attention sur la route. Les questions revinrent à l'assaut. De quoi parlait-il dans ses deux cahiers? D'Alchimie Complexe? Et d'abord, pourquoi deux? y en aurait-il d'autre? Dans d'autres tombes?

Je bondis sur mon siège.

-Bawley! Avez-vous aperçu une tombe du nom de Nicolas Flamel dans le cimetière?!
L'interpellé me regarda prudemment, comme si j'étais devenu fou.
-Mon colonel, ce n'était qu'une blague, assez lourde je l'avoue...
-Là n'est pas la question, Bawley! répliquai-je, en proie à l'énervement.
Tout ce que je vous demande, c'est si vous avez aperçu une tombe au nom de Flamel!
Bawley hocha la tête en signe de négation, les yeux agrandis de peur. Je laissai retomber mon bras sur la banquette et me passai une main dans les cheveux. Ce Maratz allait me donner des heures supplémentaires au bureau, j'en était certain. Trop de questions se bousculaient dans ma tête, sans réponse.

-Vous voulez retourner là-bas, mon Colonel?
Dollers avait nouveau élevé la voix, mais il eut la bonne idée de ne pas lever le nez du volant. L'idée était tentante...mais aprés? 3 militaires au milieu d'un millier de sépultures Nous n'avions aucune chance de trouver une tombe.
-Bawley, c'est vous qui êtes en charge du réseau informatif du QG, non?
Le sous-lieutenant hocha la tête en signe d'affirmation cette fois-ci. Il n'osa pas répondre, attendant la suite de ma phrase comme un chien déjà grondé et se voyant proposer un cadeau. Je respirai profondément puis plaquai sur mon visage un sourire serein et une mine réjouie.
-Alors je pense que nous allons retourner dans ce foutu cimetière trés prochainement. Préparez les convocations pour aprés-demain, à l'aube.
-O...oui, mon Colonel, murmura-t-il, baissant les yeux. Je le fixai encore quelques secondes puis jetai un regard dehors, à travers la vitre de la portiére.

Ce Maratz m'était conplétement inconnu...pourtant il avait réussi à titiller ma curiosité. Qu'un Homonculus m'intéresse! L'idée était comique.
A nouveau, je respirai profondément puis ouvris le premier carnet noir, celui de l'Homonculus. Le Général sera content: je resterai quelques heures supplémentaires au bureau...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Wind Mani
Colonel
Colonel
avatar

Féminin
Nombre de messages : 2703
Age : 25
Nom d'état ou Surnom : Bibi, Wiwind, l'alchimiste de feu, Windounette,patate,purée, Windy, Wiwi
Date d'inscription : 28/03/2007

Feuille de Personnage
Genre: Alchimiste
Métier: Baby sitter de Tsu xDD

MessageSujet: Re: Biographie Impersonnelle du Polymorphe.   Dim 24 Fév - 18:43

youpie !!! ouais ouais ouais

c'est trop bien ^_^ ^_^

continue comme ça ^^
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Lt Kate O'Riley
Lieutenant colonel
Lieutenant colonel
avatar

Féminin
Nombre de messages : 970
Age : 31
Nom d'état ou Surnom : Kate
Date d'inscription : 26/05/2008

Feuille de Personnage
Genre: Civil
Métier: Lieutenant interprète dans l'armée d'Amestris

MessageSujet: Re: Biographie Impersonnelle du Polymorphe.   Jeu 19 Juin - 15:27

Je veut la suite!ouais j'aime bien ton style d'écriture!^_^
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Biographie Impersonnelle du Polymorphe.   

Revenir en haut Aller en bas
 
Biographie Impersonnelle du Polymorphe.
Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Biographie de Desaix
» Biographie De Sénarmont
» Une biographie édifiante de Sarkozy
» un polymorphe en afrique du sud
» Biographie de Jack Krauser

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Heroes of Shambala :: Hors jeu :: Créations, fanfictions et costplay :: Ecrits-
Sauter vers: